Morse

Morse

Sous-marin

Il a coulé le 17 Juin 1940

Lieu de l'évènement : Tunisie

Circonstances :

Le Morse part en mission depuis Bizerte vers le golfe de Gabès en compagnie des sous-marins le Nautilus, le Caïman et le Souffleur. Le 11 juin, le Caïman et le Morse passent en surface devant l’îlot de Pantelleria, le 12 à 8 heures ils plongent au sud des îles Kerkennah. Leur retour à Sfax est prévu au bout de six jours. Le 18, le Caïman et le Souffleur arrivent à Sfax, le Nautilus est devant Tripoli où il mouille des mines. On est sans nouvelles du Morse jusqu'au 20 juin. Quelques jours plus tard, la mer rejette 9 corps de l’équipage, dont trois seulement seront identifiés. Le 16 août, un avion repère l’épave coupée en deux par 20 m de fond à l’entrée du chenal de Sfax. 44 corps demeurent dans le sous-marin qui a vraisemblablement sauté sur une mine. Courrier de Marine Tunisie du 11 avril 1950 à un membre de la famille d'un disparu : "Un navire hydrographique de la Marine Nationale a repéré par 27 m de fond l'épave du sous-marin dont l'avant a été déchiqueté par une explosion sous-marine. Pour le cas où ce sous-marin serait renfloué et si les corps pouvaient être reconnus, ce qui me paraît bien improbable après dix années d'immersion, vous en seriez aussitôt avisé... je vous signale par ailleurs qu'au cimetière de Sfax où sont inhumés les corps de six marins du Morse, leurs tombes sont entretenues par le Souvenir Français, et chaque année une cérémonie militaire commémore leur sacrifice". Signé le LV Guillotreal, aide de camp de l'amiral commandant la Marine en Tunisie. Cependant par un courrier de la préfecture maritime de Tunisie daté du 15 janvier 1957, on apprend que la Compagnie Financière de Récupération Maritime (COFIREMA) a entrepris en 1954 la récupération de l'épave du sous-marin (après avoir obtenu l'adjudication des épaves de la région, et après accord du Ministère). Les travaux ont duré de 1955 à 1956. Lors de la récupération, les restes mortels de l'équipage ont été mis en cercueil et transportés à Sfax par le chasseur 713 avec les honneurs militaires et mis au dépositoire le 26 janvier 1956. Après l'accession de la Tunisie à l'indépendance, ce monument est transféré au cimetière français de Gammarth (banlieue de Tunis).

Jean Bernard Venturini

Médaille Militaire

Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini
Jean Bernard Venturini

Jean Bernard Venturini

est né le 17 Septembre 1919 à Nabeul (Tunisie)

Fils de Laurent, agriculteur, et de Marie Félix Tramini, Jean Venturini est le benjamin de la famille. Il passe sa petite enfance en Tunisie puis grandit au Maroc entouré de sa sœur Hermine et de son frère Louis. Il étudie au lycée Poeymirau de Meknès où il fréquente l'internat jusqu'en 1935. Puis, après la classe de 3e, il rejoint sa sœur installée au Sénégal. Jean Venturini a alors 16 ans et commence à se passionner  pour la poésie ; il  n'a de cesse de remplir ses cahiers de poèmes qui seront regroupés plus tard dans le recueil "Outlines". Parallèlement, il poursuit ses études en classe de seconde et de première au lycée Van Vollenhoven de Dakar avant de réintégrer le lycée de Meknès en 1938.

Jean Venturini a 20 ans lorsqu'il s'engage dans la marine le 18 novembre 1939. Il entre alors à l'école des marins "radios" de Toulon où il passe 6 mois. Titulaire du brevet élémentaire radio, il rejoint le 1er juin 1940 le centre des sous-marins de Bizerte et embarque sur le sous-marin "Morse". 

Jean Venturini disparaît avec son bâtiment le 17 juin 1940 au large de Sfax (Tunisie). 

 

Son histoire serait simple, malheureusement fréquente à l'époque -celle de trop nombreux marins, morts pour la France, dans la force de l'âge- si ce n'est sans compter sur l'existence de ce recueil de poèmes intitulé "Outlines" qu'il publie à Casablanca aux éditions du Mogreb, en novembre 1939, et qui annonçait un grand poète. Nul doute que la disparition de Jean Venturini ait provoqué de l'émotion au Maroc. Son ami d'enfance Marcel Kadosch se souvient : "quand sa disparition a été connue à l'automne 1940, des articles ont paru aussitôt dans les journaux du Maroc, en particulier dans la Vigie Marocaine que je lisais à Casablanca, pour rappeler son livre de poésie publié juste à la veille de la guerre et honorer la mémoire d'un écrivain de talent dont la vie était injustement fauchée". Et, pourtant, hormis le poème "Sang" publié par Pierre Seghers dans son "Livre d'or de la poésie française des origines à 1940", les poèmes de Jean Venturini tombent dans l'oubli.

Au printemps 2009, les Editions "Vaillant" retrouvent un exemplaire de ce recueil et rééditent "Outlines", 70 ans après la première publication, à la grande satisfaction des amateurs de poésie. Véritables trésors, ce poèmes sont un hommage à la mer et au Maroc et, pour certains, revêtent un aspect ô combien prémonitoire.

 Outre les poèmes du recueil "Outlines", Jean Venturini en écrira au moins trois autres : "Ballade d'un qui part" publié dans la revue "Fontaine" en décembre 1939, malheureusement introuvable aujourd'hui, "Une pierre dans l'eau" poème magnifique paru dans "Poésie 40" (ancienne revue des poètes casqués) en mai 1940 puis, enfin, un poème inédit, révélé par sa famille "Victime d'affiches" probablement le dernier, saisissant de prémonition, adressé à un ami début juin 1940.

Max-Pol Fouchet dira de lui : "Il est l'un des morts de cette guerre : le submersible où il servait disparut de la surface. Peu de jours avant, il nous écrivait : "En route pour la poésie des fonds marins". Prescience. Singulière prescience aussi, que ces vers de lui

 

Dans mes veines ce n'est pas du sang qui

Coule, c'est de l'eau, l'eau amère des océans

Houleux…

J'ai des ressacs mugissants dans mes mains

Aux heures d'amour…

Et trop souvent j'étreins d'irréelles écumes

Blanches qui fuient sous mon désir de chair

 

 … "Nous qui nous épuisons en plongées au plus obscur du monde et de la vie, et qui en revenons si souvent désappointés et les mains vides, comment oublierions-nous Jean Venturini, ce camarade demeuré, avec son secret, dans un silence plus vrai que nos paroles ? A cet enfant du silence, gardons, pour ne pas trahir, le meilleur du nôtre."

(Revue "Fontaine", août-septembre 1940)

Ecrivain mort au champ d'honneur, Jean Venturini est cité au Panthéon.

 

Il était Matelot radio.

Son unité : Morse

Il a été décoré :
Médaille Militaire


Son corps repose au cimetière de Gammarth (Tunisie)

Document portant la mention MPLF : Ordonnance du Tribunal de Première Instance de Tunis du 13 octobre 1941